Photo B. C.
R. D. H.
C'est l'un des sites les plus importants de France et les plus prisés par les archéologues qui, chaque été depuis vingthuit ans, sondent les terres d'une ancienne cité antique, à Lattes, à la recherche du moindre vestige... Mais 2010 sera une année sans truelle, ni pinceau, ni grandes découvertes...
Statuette grecque
"La campagne de fouilles 2010 de Lattes est supprimée", peut-on lire sur le site web lattara.net. Le ministère de la Culture, propriétaire des bâtiments qui logent les chercheurs, leur en interdit désormais l'accès."Notre équipe de fouilles est à la rue, fulmine Michel Py, directeur des fouilles, c'est la première fois en vingt-sept ans." Selon le directeur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), une commission de sécurité, missionnée par la Drac (1), a conclu à des problèmes de sécurité..."C'est une situation incroyable et incohérente", s'énerve Fabrice Manuel, directeur du service "culture et patrimoine" à la Région. La collectivité, propriétaire du site de fouilles depuis un an et qui verse une subvention de 70 000 euros pour les chantiers, n'aurait été prévenue qu'il y a une semaine.
Les fouilles de Lattara sont-elles menacées ?
"à cause d'une simple décision administrative, nous ne sommes pas sûrs de pouvoir maintenir les conditions d'une recherche archéologique de haut niveau, s'inquiète Michel Py. La suppression de la campagne 2010 fragilise une équipe que nous avons mis vingt ans à composer et qui risque de se disloquer." Pour cet été, les voyages et les contrats ont été annulés... à la fin du mois de juin et pour deux mois, une vingtaine de spécialistes français, espagnols, italiens, américains ainsi qu'une quarantaine d'étudiants devaient participer à un programme de recherche qui portait sur l'étude des cinq zones de l'habitat de Lattara : la compréhension des occupations étrusque, puis grecque, l'exploration des vestiges de maisons à cour méditerranéenne, enfin l'analyse des aménagements de l'époque romaine. "Toutes ces recherches sont essentielles pour la connaissance", poursuit le chercheur. C'est, par exemple, lors du chantier d'été 2009 que la même équipe a trouvé une petite statuette grecque témoignant de la présence des Grecs sur le site de Lattara au Ve siècle av. J.-C.
Logés au camping ?
Édition du vendredi 7 mai 2010
DR
Samedi 15 mai, le musée archéologique Henri-Prades de Lattes ouvrira donc ses portes, de 20 h à 23 h, et invitera le public à déguster vins et mets inspirés de recettes antiques, dans le cadre de l'exposition temporaire Le vin, nectar des dieux, génie des hommes . Cette exposition consacrée à l'histoire du vin dans l'Antiquité propose un voyage de l'Orient jusqu'à Lattes, en passant par la Grèce, l'Étrurie, le monde romain et la Gaule. Elle réunit plus de 120 objets exceptionnels issus de ces civilisations, afin
d'illustrer les pratiques qui s'orchestraient autour du vin : banquets, rituels religieux, rites funéraires... La partie consacrée à la consommation et à la production du vin sur le site antique de Lattara inscrit le vignoble de Montpellier et de son agglomération dans l'histoire.
Trois visites guidées seront successivement proposées entre 20 h et 23 h, sur inscription préalable et dans la limite des places disponibles.
Musée archéologique Henri-Prades, 390 avenue de Pérols à Lattes. Tél. 04 67 99 77 20.
Édition du mercredi 7 avril 2010
L'ÉCHO DES COMMUNES
LATTES Le musée archéologique transféré à la Région ?
Toujours aux prises avec la fille de Henri Prades, à laquelle le juge a donné raison sur le nom du musée archéologique de Lattes, Georges Frêche a sollicité l'État pour un transfert de sa propriété de l'Agglo à la Région. Il s'agirait d'unir cet établissement avec le musée archéologique de Narbonne et le musée Ignon-Fabre de Mende dans un pôle unique.
Midi-Libre du 28 décembre 2009
Midi-Libre du 01 décembre 2009 son nom suite
Midi-Libre du 5 novembre 2009
Le musée de Lattes s\\\'appelle Henri Prades.pd
Midi-Libre du 31 mars 2009