


Comment couvrir les 150 km séparant Montpellier de Perpignan à 300 km/h ? Le projet de ligne à grande vitesse se précise mais il reste des inconnues.
1 De subtiles variantes de tracé le long de l’A9
Au départ de Montpellier, faut-il passer au nord ou au sud de l’A9 ? Au sud, le massif de la Gardiole est classé, avec des sites Natura 2000. Au nord, les zones habitées sont parfois proches. Ce choix déterminera la nature du passage de la zone industrielle Marcel-Dassault à Saint-Jean-de-Védas (déblai ou remblai). L’aire de Fabrègues sur l’A9, elle, sera en tout état de cause traversée en souterrain. Plus loin, à Poussan, un viaduc de 25 m de haut au sud de l’A9, franchissant 2,5 km de dépression, sera indispensable pour éviter de fortes pentes afin de permettre la circulation du fret. Vers Béziers, la ligne longera l’A9 côté sud ou nord suivant les options.
Au droit de Béziers, toutes les variantes sont au sud de l’A9 avant un croisement de l’A9 vers le nord pour aller contourner Narbonne par Montredon.
2 Corbières : choix cornélien avec ou sans trains de fret
Le choix le plus cornélien se situera entre Narbonne et Rivesaltes. Soit le tracé passera par les Corbières (entre les éoliennes de Fitou et Treilles), avec forte déclivité interdisant la circulation de trains de fret, la ligne devenant alors exclusivement voyageurs depuis la plaine de l’Aude jusqu’à Perpignan. Soit le tracé passera à proximité des étangs, site très contraint imposant deux tunnels de trois kilomètres pour éviter le verrou de Fitou, avec un profil plat permettant la traction du fret. "Une ligne qui admettrait à la fois le fret et passerait par les Corbières impliquerait un tunnel encore plus long que celui du Perthus, qui mesure 8 km", explique Edouard Parant, chef du projet chez RFF. Un coût prohibitif alors que RFF tente d’éviter que ce projet ne soit "coupé en deux" pour raisons d’économies.
3 Quelles gares nouvelles et où les localiser ?
Autres inconnues, qui se négocient entre RFF et les différentes collectivités, les gares nouvelles. "Il peut y en avoir une à Béziers et/ou une à Narbonne, il peut y en avoir une seule à Nissan entre les deux villes ou pas du tout avec des raccordements pour envoyer les TGV sur la gare centre", rappelle Edouard Parant. Mais cette équation à trois inconnues recouvre d’autres questions. À Béziers, deux sites sont envisagés : près de l’échangeur A9-A75 ou au franchissement de la ligne classique près du canal du Midi. Cette dernière solution permettrait une utile correspondance TGV-TER.
À Narbonne, les deux sites permettent la correspondance TGV-TER-Intercités. Le premier est à un tangentement dans la plaine de Montredon. Le second est au croisement des deux lignes, plus proche de la ville mais imposant une gare TGV en viaduc à 20 m de hauteur. À Nissan, enfin, la gare serait TGV-TER, soit près de la station actuelle mais avec gare TGV en viaduc, soit à Périès. La première solution est plus acrobatique mais dessert mieux le site touristique de l’Oppidum. Quant à Perpignan, elle veut garder sa gare en centre-ville, tenant à optimiser les correspondances TGV-TER-transport urbain.
Le projet Montpellier-Perpignan devra respecter de nombreuses zones sensibles. Il devra traiter la zone protégée de Loupian, prévoir des mesures compensatoires pour les terroirs de Picpoul de Pinet ou d’autres appellations. La traversée du fleuve Hérault « devra respecter les dix captages de nappes alluviales » et prévoir des compensations pour les espèces protégées (outarde canepetières, etc.), explique Jean-François Ruiz, en charge de l’écologie à RFF.
À Narbonne, la ligne devra éviter l’usine de Malvézy (uranium) et ses risques chimiques. Son tracé y est contesté, comme à Moussan et Cuxac, jadis dévastées par une inondation. RFF assure qu’une transparence hydraulique sera assurée, à l’image du viaduc neuf de la ligne Narbonne-Bize à Cuxac.

L’enveloppe de deux milliards d’euros (dont 560 M€ assumés par les collectivités publiques) annoncée la semaine dernière n’est pas la seule bonne nouvelle pour le grand Montpellier. Ce paquet cadeau est, en effet, assorti de la livraison de la deuxième gare de Montpellier, qui mettra Paris à 2 h 45 seulement.
La gare prête en 2017
La gare Odysseum "doit être prête pour 2017", s’est engagé Jean-Pierre Moure, le président de l’Agglo de Montpellier. Cette gare, située au nord de Boirargues et au sud du lycée technique Mendès-France, non loin du château de la Mogère, coûtera la bagatelle de 135 M€ : "Les crédits seront supportés par l’enveloppe de 2 milliards d’euros", se félicite Jean-Pierre Moure, dont la collectivité doit verser 80 M€.
L’originalité du projet vient qu’elle enjambera les huit voies de chemin de fer, mais aussi le déplacement de l’A 9 : "On a demandé aux trois cabinets d’architectes finalistes d’imaginer cette gare pont", relève Jean-Pierre Moure.
Trois signatures en compétition
Les trois signatures en compétition sont le Français Christian de Portzamparc, auteur de la zac de la Lironde, le Néerlandais Kees Christiaanse, qui a signé la réhabilitation du quartier du port de Hambourg, et l’Américain Daniel Libeskind. À New York, ce dernier a participé au projet Ground Zero. Trois hommes au renom international pour un projet majuscule : Odysseum II.
Autour de la gare, émergera un quartier d’affaires. C’est 300 000 m² de bureaux, 4 000 à 5 000 logements sur une surface de 350 ha dont 200 seront constructibles. S’y ajouteront des commerces, de l’hôtellerie, des équipements publics, du loisir... mais pas de village de marques.
Depuis hier, une délégation d’élus de l’Agglo accompagnée d’un technicien de la Serm, visite les gares d’Anvers, de Liège et de Rotterdam. Autant d’exemples d’équipements modernes dont l’ancrage dans le tissu urbain pourrait nourrir la réflexion pour le projet futur de la gare Odysseum .

Les collectivités locales ont jeté les bases d'un accord à une participation de 560 millions d'euros sur un investissement total de l'ordre de 2 milliards pour la ligne de contournement ferroviaire de Nîmes et Montpellier, a indiqué lundi la préfecture de l'Hérault.
Christian Bourquin, président (PS) du conseil régional de Languedoc-Roussillon, Damien Alary, président (PS) du conseil général du Gard, Jean-Pierre Moure, président (PS) de l'agglomération montpelliéraine, et Jean-Paul Fournier, président (UMP) de Nîmes Métropole, ont donné leur accord à ce financement.
En revanche, le conseil général de l'Hérault ne fait pas partie du tour de table, son président, le socialiste André Vézinhet, ne souhaitant pas financer le projet.
Ce contournement, dont la réalisation a été attribuée par le gestionnaire du réseau ferroviaire français RFF au groupe de BTP Bouygues, représente environ 6 000 emplois annuels pendant quatre ans.
Le début des travaux est prévu fin 2012. S'inscrivant dans la continuité de la LGV Méditerranée mise en service en 2001, le contournement ferroviaire de Nîmes et de Montpellier participe à la construction progressive de la continuité de la circulation à grande vitesse entre Paris, Nîmes, Montpellier, Perpignan, Barcelone, ainsi que sur l'axe Barcelone-Gênes.
Il rendra possibles des liaisons Paris-Montpellier en moins de trois heures, Montpellier-Lille en moins de 4H30, Montpellier-Lyon en moins d'1H30 et Montpellier-Marseille en moins d'1H10. Il vise également à désengorger la ligne existante, actuellement très sollicitée, pour le développement des TER et du fret, selon RFF.

Grande avancée sur la future ligne ferroviaire entre Montpellier et Perpignan. L’Etat vient de valider la bande dans laquelle le tracé définitif de cette nouvelle voie verra le jour. Une zone de passage, dite "préférentielle", dont la largeur moyenne est de 1 000 mètres, mais qui se resserre à 500 mètres par endroits et s’étire à 1 500 mètres à d’autres. Longue de 155 km, elle traverse le territoire de 55 communes, ainsi que trois départements : l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées- Orientales.
L’Etat a donc tranché entre les différentes variantes de trajet qui étaient à l’étude jusque-là, sauf au niveau de l’intersection entre l’Aude et les Pyrénées-Orientales où deux itinéraires sont toujours en concurrence, grosso modo entre Salses-le-Château et Peyriac-de-Mer : l’un passe plus à l’intérieur des terres. Il sera retenu si la ligne n’achemine entre Narbonne et Perpignan que les voyageurs.
Christian Bourquin : "Au niveau des délais et des coûts, tout est tenu"
L’autre itinéraire, dit littoral, sera choisi si cette même portion accueille aussi des trains de fret, donc de marchandises, en plus des voyageurs. Ce choix entre une ligne voyageurs et une ligne mixte sera normalement tranché d’ici l’automne 2012. En même temps que seront présentées les propositions de dessertes sur la totalité de la ligne nouvelle, donc les gares, à créer ou pas. Le tracé définitif, qui s’insérera dans une bande de 100 à 120 mètres, doit être présenté à l’enquête publique vers 2015, les travaux devant démarrer l’année suivante, pour mise en service vers 2020, selon le calendrier et dans le meilleur des cas.
Ce projet est pour le moment dans les clous. "Au niveau des délais et des coûts, tout est tenu", se félicitait hier Christian Bourquin, le président du conseil régional, lors de présentation de cette bande de passage, dans les locaux de la préfecture de région, à Montpellier.
Coût final : entre 5,5 et 7 milliards d'euros
Cela dit, le coût final n’est pas encore connu. Vu l’état d’avancement du dossier, il oscille, pour le moment, entre 5,5 et 7 milliards d’euros. L’Etat, RFF, le conseil régional participeront au financement aux côtés d’autres collectivités. Christian Bourquin annonce que le travail sera poursuivi pour associer au financement le conseil général de l’Hérault et celui de l’Aude. Contacté hier, ce dernier se dit prêt à participer. Ce, d’autant que la ligne nouvelle permettra de dégager des sillons, au profit des trains express régionaux, les TER, dont le réseau pourra être étoffé.
L’opération aborde donc une nouvelle étape, qui amène RFF à communiquer largement auprès des habitants des communes concernées.

Même s’il faudra attendre 2020 pour la mise en service de la ligne nouvelle à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan, les populations traversées par le tracé vont vite avoir une idée des bouleversements qu’elle engendrera...
Ce jeudi, un comité de pilotage réunissant l’Etat, Réseau ferré de France (RFF), la Région et les collectivités a entériné une bande de 1 000 mètres pour positionner la ligne de chemin de fer, alors que le couloir arrêté jusqu’à présent était de cinq kilomètres. Le préfet de Région va soumettre ces jours-ci cette nouvelle bande à consultation auprès des collectivités, associations, syndicats et chambres consulaires, jusqu’à la mi-juillet. Et ce n’est qu’en septembre que le secrétaire d’Etat aux Transports, Thierry Mariani, tranchera.
Mais selon nos informations, RFF serait déjà allée en deçà des 1 000 mètres, dans une bande de 500 m affinée, en réalisant des études sur fonds propres avant même leur subventionnement effectif.
Ainsi, à hauteur de Fabrègues (Hérault), la ligne devrait frôler l’autoroute, côté littoral. A hauteur de Bessan, les élus réclament au contraire que la voie passe légèrement au nord.
Après Béziers, c’est l’option nord qui a également été retenue, alors que dans le couloir de 5 000 mètres une hypothèse avait été envisagée plus au sud du côté de Salles-d’Aude. Une partie de collines délicate cumulée avec une zone Natura 2000 aurait décidé les ingénieurs à opter pour le nord.
Mais c’est surtout à hauteur des Corbières que RFF semble avoir pris des optiques déterminantes. Si le plan proposé à l’issue du comité de pilotage prévoit encore deux versions, l’une côté Leucate, l’autre côté Fitou, c’est la deuxième qui tiendrait la corde. Plus au nord, donc, là encore. La solution sud se heurterait à une traversée de vignes, avec un front du refus des élus.
La ligne devrait emprunter le tracé du projet d’intérêt général (PIG) déterminé dans les années 90 par la SNCF, puis arrêté faute de budget en 2003... Et à ce compte-là, il ne pourrait y avoir, à moins d’un surcoût d’un milliard d’euros pour autant de tunnels, de ligne mixte voyageurs-fret dans ce périmètre ! L’Etat devrait donc officialiser une LGV avec une partie marchandises entre Montpellier et Narbonne, pour subitement n’y faire passer que des voyageurs entre Narbonne et Perpignan. Ce qui, au passage, arrangerait les affaires d’un concessionnaire privé, avide de rentabilité, si l’Etat lui confiait le chantier.
En attendant, RFF va vivre au rythme de 34 mois d’études et d’acquisitions foncières. Certains propriétaires vont redécouvrir qu’ils sont sur le tracé du projet d’intérêt général, ou en bordure, et d’autres verront que le tracé modifié les y met en plein dedans. "Sur le site internet lalignenouvelle.com, les gens voient leurs maisons dans la bande des 1 000 mètres, explique le directeur régional de RFF, Christian Petit. La voie ne prendra qu’une petite partie de ces 1 000 m. On ne rase pas des maisons par plaisir. Ça crée, qui plus est, des oppositions."
On ne saurait trop conseiller aux propriétaires concernés par le périmètre de regarder leur situation à la loupe. Certaines villas actuellement en chantier devront bientôt... être détruites.
Plus d'informations sur :
http://www.ligne-montpellier-perpignan.com/documents/cartographie/
DR
Édition du dimanche 13 juin 2010
DR
<balise_article_texte>Samedi 5 juin dernier, le comité de vigilance Lattes Maurin (CVLM) a organisé une visite du tracé de la future Ligne à Grande Vitesse (LGV) "Contournement Ferroviaire de Nîmes-Montpellier".
Les études terminées, ce projet de voie ferrée entre ainsi en phase de réalisation.
Le financement a été bouclé fin 2009 et les acquisitions foncières sont en cours. Cette opération de grande ampleur va déstructurer le nord de la commune de Lattes, l'amputant au passage de 70 hectares.
La visite de ce samedi a permis aux Maurinois de se rendre compte, des impacts occasionnés sur leur environnement et leurs conditions de vie par cette ligne où circuleront trains de fret et TGV.
Les voies passeront au plus près à 400 m des habitations de Maurin et au ras de certaines autres comme au Mas de <balise_article_texte>
Mariote.
Les participants se sont rendus compte des désagréments quotidiens qu'il y aura pour se rendre à Montpellier sur une voirie locale très remaniée, entre les nouvelles infrastructures.
La RD 132 devra passer au-dessus, non seulement de l'autoroute mais de la LGV.
La RD 116 vient buter contre la voie ferrée, elle est appelée à être élargie pour devenir « une voie de liaison inter quartiers ».Les riverains s'inquiètent aussi du bruit occasionné par la ligne. Une demande s'est imposée : disposer d'une cartographie de l'environnement sonore actuel du village.
La balle est dans le camp de la commune ou de l'Agglomération, laquelle est d'ailleurs tenue de bientôt réaliser un "plan de prévention du bruit dans l'environnement" pour traiter ces nuisances sonores.
FRET le dossier avance Midi-Libre du 17 septembre 2009
LGV: Midi-Libre du 09 septembre 2009
LGV: lire les deux articles de Midi-Libre du 24 juillet 2009
http://www.debatpublic-lnmp.org/docs/etudes-complementaires/etude-complementaire-n2.pdf
http://www.debatpublic-lnmp.org/docs/etudes-complementaires/etude-complementaire-n9.pdf
-Libre du 31 janvier 2009
LGV, les débats vont démarrer.jpg
Midi-Libre du 9 janvier 2009
DR
Date de dernière mise à jour : 26/03/2012